
La réintroduction des néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles et ravageurs de la biodiversité, marque un pas en arrière dramatique pour la protection de l’environnement et de la santé publique.
Ce 21 juillet 2026, l’Assemblée nationale a définitivement adopté le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (UPSA). Parmi ses mesures phares, l’autorisation dérogatoire de deux néonicotinoïdes – l’acétamipride et le flupyradifurone – pour les cultures de noisettes, betteraves sucrières, pommes et cerises, sonne comme une alerte rouge pour les écosystèmes déjà fragilisés.
Une décision aux conséquences désastreuses
Les néonicotinoïdes, interdits en France depuis 2018 en raison de leur toxicité avérée pour les pollinisateurs, sont des neurotoxiques puissants qui déciment les populations d’abeilles, essentielles à la pollinisation et à la biodiversité. Leur réintroduction, même encadrée, ouvre la porte à une contamination généralisée des sols et des eaux, avec des effets en cascade sur toute la chaîne alimentaire.
Pire, cette dérogation, limitée à 3 ans mais renouvelable, repose sur des critères flous (menace grave pour la production, absence d’alternatives) et place l’Anses dans une position délicate, où elle devra arbitrer entre intérêts économiques à court terme et impératifs écologiques.
Un texte en contradiction avec les engagements climatiques de la France
Alors que l’Union européenne et la France se sont engagées à réduire l’usage des pesticides et à protéger la biodiversité, cette loi sape ces efforts en :
- Affaiblissant les protections des zones humides, essentielles pour la régulation de l’eau et la lutte contre le changement climatique.
- Assouplissant les règles de stockage d’eau, au risque d’aggraver les tensions sur une ressource déjà rare.
- Favorisant l’artificialisation des terres, avec une dérogation au zéro artificialisation nette (ZAN) pour les constructions agricoles.
La Fédération Française de la Protection Animale exige :
✅ L’abrogation immédiate des articles autorisant les néonicotinoïdes et un retour à leur interdiction totale.
✅ Un moratoire sur les projets de stockage d’eau tant que leur impact écologique n’est pas pleinement évalué.
✅ Le renforcement des contrôles sur les importations de produits traités avec des substances interdites en Europe.
✅ Une transition accélérée vers des alternatives durables, soutenue par des aides concrètes aux agriculteurs.